Pour l’Antre Culturel

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 Pouvez-vous vous présenter ?

Céline Landressie : Je suis Céline Landressie. J’ai 34 ans. Littérairement parlant, je compte au nombre des autodidactes. Je me consacre actuellement à l’éducation de mon petit garçon, et dans les minutes creuses qu’il veut bien me laisser, m’efforce de gagner mes galons d’écrivain.

Avez-vous effectuez beaucoup de recherche quand aux éléments historiques situant votre roman ?

CL : Oui, beaucoup. La fin du XVIe siècle n’est pas une période qui m’était familière, car, bien que j’aime l’histoire, je suis loin d’être une amatrice éclairée. Mais puisque je souhaitais positionner la saga dans la réalité que nous connaissons, je devais la respecter. Avant de me mettre à écrire, j’ai donc passé près de 6 mois à lire divers ouvrages et à aller à la recherche d’informations utiles pour rendre cette toile de fond historique aussi juste que possible. Et, comme toujours lorsque l’on effectue des recherches, j’ai trouvé des éléments qui vinrent naturellement enrichir l’intrigue.

Pourquoi cette période ?

CL : Ce n’était pas un choix effectué par affinité, mais bien une période qui me fut imposée par le scénario. J’ai vite découvert que, comme presque toutes les époques, le XVIe siècle regorgeait de faits marquants. Les plus impressionnants étant ceux ce qui entourèrent les conflits politico-religieux, lesquels s’insinuaient dans toutes les strates de la société. Ce « hasard » scénaristique fut heureux, car l’immersion dans la France d’Henri IV fut très intéressante.

Que ce soit Eileen ou le Comte de Janlys, vos personnages ont une très grande force de caractère, vous inspirez vous de personnes ayant existé ?

CL : Oui et non. Je dois dire que je n’ai que très peu de goût pour les personnages hésitants ou effacés. Il n’est pas impératif d’être une créature craintive pour susciter l’empathie. Un être au fort tempérament qui lutte de toutes ses forces pour garder la maîtrise de sa vie, en dépit des tourments que celle-ci lui inflige, est tout aussi touchant qu’une personnalité fragile qui serait plus visiblement malmenée. Car la principale différence entre ces deux types de tempérament réside dans la perception qu’en ont les autres. Pourtant, ni la combativité, ni la détermination, ni l’endurance ou la vaillance d’un être ne le protège des difficultés de la vie. Cela ne lui retire pas non plus sa faculté à s’émouvoir, ou à souffrir. Les chagrins et les drames s’abattent tout autant sur ces personnalités que sur les autres. Elles en souffriront comme tout un chacun, mais seront en cela poignantes que malgré leur douleur, elles continueront de lutter. Ce sont ces personnalités-ci qui m’inspirent les élans les plus forts, probablement car j’ai eu la chance d’être entourée de plusieurs d’entre elles.

Le vampirisme est un thème de plus en plus récurrent, quel serait les titres (que ce soit au cinéma ou dans la littérature) vous ayant le plus marqué ?

CL : La littérature vampirique a pris son envol il y a un peu plus de deux siècles de cela, et n’a jamais cessé de fasciner les foules depuis. Le mythe de la créature vampirique remonte, lui, à des temps immémoriaux. Il fut transmis de génération en génération, sous une multitude d’aspects, de noms, et à travers tous les continents. En d’autres termes, bien que le Dracula de Stocker ait porté ce mythe au pinacle des créatures fantastiques, le fait est que cette légende nous accompagne depuis toujours. Elle est dans notre inconscient collectif. Ce pourquoi l’on retrouve encore très souvent cette créature dans les films, ou dans les romans de fantasy urbaine (pourtant pas nécessairement dédiés à ce mythe).

En ce qui me concerne, je suis bien davantage inspirée par cet inconscient collectif, évoqué ci-dessus, que par une véritable culture du mythe vampirique. Toutefois, si je devais citer les œuvres qui me marquèrent en ce domaine, il y aurait l’adaptation cinématographique du Dracula de Bram Stocker par Francis Ford Coppola, ainsi que la lecture d’Entretien avec un vampire, d’Anne Rice et son adaptation cinématographique. J’aime aussi beaucoup Fright Night, un teen-movie des années 80, qui fait partie de mes films cultes.

De part votre construction, le roman glisse petit a petit vers le surnaturel, pourquoi ce choix ?

CL : Au même titre qu’il ne peut y avoir d’ombre sans lumière, il ne peut y avoir de fantastique qu’au cœur de l’ordinaire. On ne s’émerveille que devant ce qui sort du commun. Aussi, pour ressentir pleinement la portée d’événements surnaturels, et pour se figurer l’impact que cela peut avoir sur celui ou celle qui les vit, il faut d’abord s’immerger dans le quotidien des personnages. Dans le cas présent, il s’agit d’un quotidien particulier puisque très différent de nos vies modernes.

Le glissement qui s’opère peu à peu de ce quotidien ennuyeux et redondant vers un monde fantastique mène le lecteur par le même voyage que traverse Rose. Ses questionnements, ses incrédulités, ses angoisses, tout cela est partagé par le lecteur et constitue de fait une mise en place indispensable à la psychologie des personnages, ainsi qu’aux bases du monde dans lequel ils évoluent.

Votre Roman prend place en Normandie, pourquoi ce choix de région ?

CL : Parce que j’y suis née. Rouen est une très belle ville historique, les vestiges et les témoignages du passé y sont légions. J’ai toujours été intriguée par toutes ces vieilles pierres et l’histoire qu’elles laissaient deviner. Me promener sur les pavés de la rue du Gros-Horloge, entre ces longues enfilades de maisons à encorbellements, pour enfin déboucher sur le parvis de la majestueuse cathédrale était chaque fois une expérience. J’ai eu envie de partager cela.

Du reste, la France est un très vieux pays, riche d’une histoire prodigue en récits chevaleresques et surprenants, ainsi qu’en figures emblématiques. C’est le terreau idéal pour y développer un univers antique et crépusculaire, tel que celui de Rose Morte.

Quels sont vos projets ?

CL : Oui, Ils sont multiples ! Tout d’abord, j’espère de tout cœur que Rose Mortepourra continuer d’exister, car cet univers et ses personnages m’inspirent de quoi écrire davantage que les 5 tomes prévus. Peut-être sous forme de spin-off, et d’une « dilogie »supplémentaire ? Je n’en sais rien. Pour le moment, ce ne sont que des idées en l’air, assujetties à de nombreux facteurs. Mais pour ce qui est de l’envie d’écrire ces annexes/suites, au jour d’aujourd’hui il n’y a aucun doute : c’est dans mes projets. Que ce soit ou non publié au final, il devient de plus en plus évident que j’ai besoin de les écrire.

J’ai aussi diverses idées de romans fantastiques que j’ai envie de creuser. Dont un particulièrement qui pourrait bien être le roman« d’après » Rose Morte.

Il y a également un projet orienté fantasy qui dort des mes tiroirs depuis de nombreuses années. Il n’est pas exclu que je m’y penche sérieusement un de ces jours.

Ayant été un peu rôliste, je retrouve des éléments intéressants du monde de «world of darkness », ‘vampire la mascarade’, est-ce un choix voulu ou un pur hasard?

CL : Pur hasard. Je ne connaissais absolument pas ce monde. Ce fut un proche qui m’en parla une fois que je commençai à lui expliquer l’univers de Rose Morte. Je suis pourtant incapable de parler des éventuelles ressemblances car je ne me suis pas intéressée à cet ouvrage. Je dirais même qu’au contraire, je m’en suis tenue soigneusement à l’écart, pour être certaine de garder intacte la vision de mon univers. Précaution que je prends de façon générale, d’ailleurs.

Quels conseils donneriez vous aux personnes souhaitant se lancer dans l’écriture ?

CL : Il n’existe pas d’école pour devenir écrivain. On a cette passion en soi, ou on ne l’a pas. De ce fait, je ne pense pas que quiconque puisse vraiment donner un conseil à ce sujet. Hormis peut-être celui-là : si vous avez envie d’écrire, alors faites-le avec sérieux et mettez-y tout votre cœur. Car comme dans la pratique de toutes disciplines ou de toutes formes d’art, il faut être prêt à fournir un énorme travail.

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Merci à Xénédra pour cette interview :) !

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