De la littérature vampirique

Dante et Virgile aux Enfers, William Bougereau (1850) - © Musée d'Orsay, dist. RMN / Patrice SchmidtAu cours des deux années écoulées, j’ai pu m’apercevoir par le biais des salons dans lesquels j’ai eu la chance de me rendre que beaucoup de lecteurs ignoraient jusqu’à l’existence de la littérature vampirique, qui est cependant l’un des principaux sous-genres de la littérature Fantastique. J’ai également découvert que dans l’esprit d’une bonne partie d’entre eux, l’apparition de la créature vampirique en littérature semble presque avoir débuté avec un cycle sorti il y a un peu moins d’une décennie de cela.

Cela m’a beaucoup surprise. Cela m’a aussi un peu ennuyée car à cause de cela, le sous-genre littéraire dans lequel j’évolue est devenu difficilement identifiable…

 Je ne suis pas une passionnée de littérature vampirique. Non, non, ne souriez pas, je vous assure que c’est vrai. Si j’aime énormément le mythe de cette créature ainsi que ce qui s’en dégage, je ne lis pas du tout sur le sujet. Pas plus que je ne lis d’Urban Fantasy, sous-genre de la littérature Fantasy dans lequel nous croisons notamment – et de façon de plus en plus récurrente – des créatures de type « vampire ».

Avant d’entamer la rédaction de Rose Morte, je ne lisais pas de littérature vampirique car je n’en éprouvais aucune envie. Les rares ouvrages traitant de ce thème qui atterrirent dans mes mains furent, par ordre chronologique de mes découvertes : Entretien avec un vampire, Dracula et Salem… J’y ajourerais aussi Ligeia, la nouvelle d’Edgar Allan Poe, dans laquelle je vois – j’ai bien conscience qu’il s’agit là d’une perception tout personnelle – l’une des nombreuses variations sur le thème. J’ai aussi visionné quelques œuvres cinématographiques sur le thème (Vampire vous avez dit vampire, l’adaptation d’Entretien avec un vampire, et celle de Dracula…), mais là encore, plutôt peu.
Depuis que je me suis attelée à l’écriture du premier volume de Rose Morte, je n’ai rien lu sur le sujet pour être certaine de garder intacte ma vision de la légende. Ne voulant être parasitée d’aucune façon, je me tiens à  – très grande – distance par souci d’intégrité, en plus que par manque de goût pour ce qui se fait sur le thème, à l’heure actuelle.

Alors pourquoi ce petit texte à propos de la littérature vampirique, me direz-vous ? Eh bien, ainsi que je le disais en introduction, parce que j’ai réalisé que de moins en moins de personnes savent ce qu’est la littérature vampirique. Pourtant, notre inconscient collectif foisonne de références et de savoir diffus quant à cette légende. Pourtant, encore, cette légende est vieille de plusieurs siècles.

Je n’ai aucune culture particulière en matière de littérature vampirique, et n’ai certainement pas la prétention de donner une quelconque leçon à ce propos. J’en serais bien incapable, quand bien même je le souhaiterais. Mais alors, comment se fait-il que je différencie néanmoins ce sous-genre des autres mouvances, là où beaucoup d’autres semblent ne même plus connaître son existence ? Aucune idée. À dire vrai, je ne me serais certainement jamais posée cette question insignifiante si je ne travaillais pas depuis plusieurs années sur une saga de littérature vampirique. Je ne me serais pas demandé cela si je ne m’étais aperçue qu’une partie du monde semble désormais résumer l’existence de cette légende à l’une des interprétations très récentes qui en fut faite, en oubliant tout à fait les prédécesseurs en la matière. En oubliant que ce thème existe et est traité depuis plus de deux siècles, et qu’il relève du courant gothique, voire du courant romantique – au véritable sens du terme « romantisme », lui aussi souvent dévoyé sous notre ère moderne. Soit une essence plutôt distante de ce qui se fait majoritairement sur ce thème, de nos jours.

Loin de moi une quelconque volonté d’austérité ou de conservatisme dans la classification. Je suis la première à moderniser, dans le traitement, le thème que je m’efforce d’aborder dans mes compositions. Les arts et les lettres sont faits pour bouger, évoluer et s’enrichir perpétuellement. C’est très bien ainsi.
Toutefois, j’ai eu soudain envie de resituer un peu ce sous-genre pour lequel j’ai une très grande affection, et dans lequel se situe Rose Morte. En somme, ce petit billet n’a nulle autre motivation qu’essayer de se souvenir de ce qu’est l’âme de la littérature vampirique, histoire que cette noble aïeule sorte un peu de l’oubli dans lequel elle semble être désormais tombée.

Soit, un billet sans importance. D’ailleurs, merci à tous ceux qui auront eu la patience de lire jusqu’au bout :)

P.S : Si toutefois votre curiosité était piquée, voici un lien vers une page wikipédia traitant du sujet. Oui, ce n’est que wikipédia, mais les informations rassemblées là pourraient constituer un intéressant point de départ pour ceux qui désireraient éventuellement creuser la question.